
Comprendre l’asexualité
Lidwine Arendt*
Introduction
L’asexualité est aujourd’hui encore une thématique trop peu étudiée : les ressources fiables restent rares, les experts réellement spécialisés peu nombreux, et sa visibilité dans la société demeure limitée. Dans ce contexte, les a priori, les amalgames et les idées reçues se propagent facilement, souvent au détriment des personnes concernées. Dans ce texte, j’aimerais apporter des éléments de réflexion et de clarification, afin de mieux comprendre cette orientation et de
déconstruire certains préjugés.
Je suis infirmière de formation. J’ai d’abord travaillé en milieu hospitalier, puis en centre PMS, où l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) est rapidement devenue l’un de mes sujets de prédilection avec un public d’enfants et d’adolescents. Par la suite, j’ai élargi ces animations à un public d’adultes demandeurs de consultations individuelles, pour lesquelles j’ai obtenu un certificat universitaire en sexologie clinique.
Désireuse d’être au mieux outillée pour répondre à ces demandes, je me suis également formée à différentes approches en sexologie (sexoanalyse, sexofonctionnelle, sexopositive…), à l’hypnose, à la thérapie de couple, à la systémique, etc. Durant les trois années de mon certificat universitaire, la thématique de l’asexualité a à peine été abordée : elle a simplement été nommée, sans être approfondie.
La question de l’orientation sexuelle a été davantage développée dans ma formation en sexoanalyse : comment vit-on son orientation, qu’en fait-on, quelles sont les implications personnelles, etc. Mais en ce qui concerne l’asexualité, très peu choses de ont été dites. Il ya une quinzaine d’années, la première fois qu’une personne est venue en consultation en me demandant si elle était asexuelle, je me suis demandé : « Comment vais-je répondre à cette question ? » J’ai essayé de creuser avec les outils dont je disposais à l’époque, puis je me suis formé par moi-même, à travers des conférences et des podcasts, que j’ai mis en lien avec les
connaissances acquises au cours de mes différentes formations, afin de pouvoir en faire quelque chose d’utile et de créatif.
Je constate par un grand manque de recherches scientifiques ailleurs solides sur cette thématique : la plupart des études menées ne sont pas suffisamment approfondies et ne permettent pas encore d’ancrer un véritable savoir. Je suis convaincue que l’asexualité reste à explorer et à développer.
Asexualité constitutive et asexualité défensive
Pour beaucoup, l’asexualité reste floue, voire inconnue. Pour aider à appréhender ce concept, j’utilise notamment la sexoanalyse, qui me permet de distinguer deux grands registres : l’asexualité constitutive et l’asexualité défensive.
Quand l’asexualité est constitutive , cela signifie que la personne est asexuelle : l’asexualité est alors une orientation sexuelle en tant que telle, sur laquelle on ne peut pas « agir » pour la changer. À l’inverse, l’asexualité défensive ne constitue pas une orientation sexuelle, mais une tentative de solution face à un problème ou à un traumatisme.
Il s’agit donc de deux réalités distinctes, entre lesquelles peuvent exister de nombreuses nuances, mais il me semble essentiel
de différencier le « constitutif » du « défensif ».
Dans le cas d’une asexualité défensive, la position est transitoire, liée à une situation compliquée. Par exemple, une personne hétérosexuelle qui développe un dégoût pour les relations sexuelles peut se penser asexuelle, alors que son orientation reste hétérosexuelle et que ce sont les circonstances qui provoquent ce dégoût. «Certaines personnes confondent une diminution, rarification du désir sexuel avec de l’asexualité. Il y a un effondrement de la pensée qui se manifeste entre autre par une difficulté voir une incapacité à s’introspecter, à nuancer et une facilité d’accès à des « cases » classifiantes et
sécurisante. » qui en devient une nécessité identitaire
Le terme « asexuel·le » est alors parfois utilisé à tort, parce qu’il est mal compris ou parce que les personnes ne disposent pas de suffisamment d’informations. Notre travail, en tant que sexologues, consiste à décoder ce que la personne entend par ce mot, à identifier les origines et
les enjeux sous-jacents, à clarifier ses priorités.
Est-elle bien ou non dans sa situation ? Souhaite t-elle entamer un travail thérapeutique ou pas ?
Certaines personnes qui sont asexuelles de manière défensive vivent très bien dans cette position. Elles se considèrent comme asexuelles, et même si, en tant que thérapeute, j’estime que ce n’est pas le cas (puisqu’il s’agit d’une position défensive et non constitutive), cela ne pose pas nécessairement problème. Nous travaillons avec la souffrance des personnes : si la personne ne souffre pas, il n’y a pas nécessairement lieu d’aller plus loin.
Ce qui peut poser question, en revanche, c’est le militantisme lorsqu’il relais un message réducteur du type : « Les personnes asexuelles ont le droit d’être asexuelles, laissez-les tranquilles. » Ce type de slogan, en soi légitime sur le plan des droits, peut aussi réduire le champ des possibles en matière d’exploration clinique et d’expertise.
Le militantisme : nécessaire mais à interroger
Pour moi, le militantisme est indispensable pour favoriser une société plus ouverte et plus tolérante. Il a d’ailleurs joué un rôle important dans la dépathologisation de l’asexualité. Mais il peut aussi comporter un versant plus problématique, dont il est important d’avoir conscience. Le militantisme ouvre des perspectives, permet de donner une place aux individus dans la société.
En même temps, il peut enfermer, en demandant aux personnes de « rentrer dans des cases ». Or, lorsqu’une personne est en souffrance ou en questionnement, elle doit pouvoir aller plus loin dans sa réflexion que le simple fait d’adopter une étiquette identitaire. On observe parfois, dans certains mouvements militants, une tendance à ne pas se poser de questions psychiques ou relationnelles plus profondes. Plus ces mouvements prennent de l’ampleur, plus il existe un risque que certains individus renoncent à s’interroger.
Une part des discours militants ne distingue pas toujours entre une asexualité constitutive (génétique, structurelle) et une asexualité défensive. Toutes les personnes sont alors regroupées sous une même étiquette, comme si les conflits intrapsychiques potentiels de certains étaient inexistants ou négligeables.
À mes yeux, c’est en décloisonnant les approches – cliniques, militantes, scientifiques – que l’on pourra donner à l’asexualité sa juste place.
Tabou et pression sociale
Si l’on parle si peu d’asexualité, deux raisons principales me semblent en jeu. D’une part, l’asexualité n’est pas visible socialement : elle se vit essentiellement dans l’intimité de la personne ou du couple. D’autre part, elle est souvent associée à la honte : c’est encore un sujet tabou. Sur le plan scientifique, l’asexualité n’est plus pathologisée aujourd’hui, mais la croyance inverse persiste parfois dans l’imaginaire collectif.
Dans une société hypersexualisée, circule l’idée qu’il faut « faire du sexe » pour être en couple. Si l’on n’a pas des relations sexuelles suffisamment fréquentes et jugées de bonne qualité, on ne serait pas un « bon » couple aux yeux des normes dominantes.
Dans ce contexte de pression sociale omniprésente, se dire asexuel·le revient, socialement, à se dire « pas compétent·e pour être en couple ». J’insiste aussi sur les nombreux amalgames : beaucoup pense que les personnes asexuelles ne sont pas capables d’être en couple ou de vivre une relation amoureuse. C’est un raccourci : ces personnes lient l’amour à la sexualité – ce qui n’est ni bien ni mal – mais il est nécessaire de dissocier les deux si l’on veut inclure la diversité des réalités.
Je rappelle également que l’aromantisme et l’asexualité sont deux choses différentes. L’aromantisme ne relève pas de l’orientation sexuelle, mais d’une orientation romantique et émotionnelle
L’asexualité en consultation
Sexologue clinicienne et thérapeute de couple, j’adopte une approche fondée sur l’écoute, l’adaptation, la co-construction et l’ouverture. À travers une vision créative de la sexualité, j’accompagne les personnes dans l’exploration de leur intimité et de leurs relations. Dans ce texte, je partage ma réflexion sur l’accueil de l’asexualité en consultation, une thématique encore trop souvent méconnue ou mal comprise.
Ce qui m’anime dans ma pratique, c’est la volonté de révéler les trésors enfouis en chaque individu, notamment dans le domaine de la sexualité et des relations romantiques. Je m’intéresse à la manière dont les personnes entrent en lien, aux raisons pour lesquelles elles dissimulent certaines parties d’elles-mêmes, et aux façons possibles de les faire émerger. Plutôt que de faire entrer les patients·es dans un cadre thérapeutique rigide, je privilégie une approche fluide, adaptable et intégrative, construite autour des besoins de chaque personne chercher.
À mes yeux, la personne en consultation est experte d’elle-même, de son vécu et de son fonctionnement, tandis que je dispose de connaissances théoriques et d’outils qui vont permettre de co-construire un chemin de réflexion et d’évolution. Cette démarche, qui allie respect de l’éthique et créativité, s’inscrit dans une vision de la sexualité comme un espace vivant, personnel et profondément créatif.
Aujourd’hui, l’asexualité reste un sujet peu exploré sur le plan scientifique : les recherches et les données disponibles sont limitées. Il n’est donc pas toujours simple de trouver des informations de base fiables. Pour construire ma compréhension du sujet, je me suis appuyée sur la sexoanalyse et j’ai croisé différentes sources. Je me suis nourrie de conférences, de podcasts, de témoignages de personnes concernées, que j’ai mis en parallèle avec mes formations ainsi
qu’avec les consultations que j’ai exercé au fil des années.
Ce savoir, qui s’enrichit avec le temps, fonde une expertise ancrée à la fois dans l’écoute, la réflexion clinique et l’expérience de terrain. Je me souviens très bien de la première fois où j’ai été confronté à la thématique de l’asexualité en consultation : c’était il y a une quinzaine d’années. Une dame me disait ne plus avoir de désir pour son mari et me demandait si elle était asexuelle.
En explorant sa manière de fonctionner, j’ai très vite pu lui répondre que ce n’était pas le cas. J’ai également constaté à ce moment-là qu’il existait très peu d’outils sur le sujet. En réalité, son mari avait des pratiques sexuelles particulières qui la dégoûtaient. Cette dame présentait un désir sexuel hypoactif, circonstanciel et transitoire : son absence de désir était liée aux pratiques de son mari.
Dans une autre relation, son désir aurait probablement été très différent. Elle n’en avait pas conscience et le seul mot qu’elle parvenait à mettre sur sa situation était « asexualité ». Or, il ne s’agissait pas de son orientation sexuelle : dans son cas, ce terme renvoyait plutôt à une tentative de solution à un problème, à ce que je nomme une « asexualité défensive » et non constitutive.
Il n’est pas rare non plus que certaines personnes très intellectuelles, souvent plongées dans le mental, se traitent comme asexuelles. Ces personnes, qui réfléchissent en permanence et se posent mille questions, ont parfois du mal à ressentir du désir (sur le plan émotionnel) et de l’excitation (sur le plan corporel). Elles restent dans leur tête, la connexion au corps est difficile parce qu’il est peu investi, elles « ne sentent pas » et finissent par se définir comme asexuelles. Il
en va de même pour des personnes très anxieuses, constamment envahies par leurs pensées.
Pourtant, lorsqu’on les apaise, qu’on les aide à se poser, à se reconnecter à leur corps et à leurs émotions, elles peuvent à nouveau éprouver du désir et de l’excitation.
Ce qui pousse (ou non) à consulter
Toutes les personnes asexuelles ne ressentent pas le besoin de consulter. On peut être asexuel·le, se sentir bien avec cette orientation et ne rencontrer aucune difficulté particulière dans sa vie affective ou relationnelle. Celles et ceux qui viennent me voir le font généralement parce qu’un décalage existe au sein du couple, ou parce qu’un questionnement personnel émerge. Les personnes qui poussent la porte de mon cabinet vivent une difficulté : s’il n’y en a pas, elles ne
consultent pas.
Il n’est pas toujours évident, pour les personnes, de savoir si elles sont asexuelles ou non. Parfois, une réflexion approfondie est nécessaire pour y voir clair, mais tout le monde n’a pas cette capacité d’introspection seule. D’où l’intérêt, lorsque la personne est en souffrance ou en recherche de réponses, de se faire accompagner pour parvenir à décoder ce qui se passe.
Il n’est d’ailleurs pas rare que des personnes asexuelles aient eu des relations sexuelles, nombreuses ou non, avant de prendre conscience de leur asexualité. Ces expériences peuvent s’expliquer par le souhait de se rassurer sur sa féminité, sa masculinité, ou sur sa conformité aux attentes sociales. J’observe aussi qu’il existe de nombreuses manières de vivre son asexualité.
Certaines personnes asexuelles ressentent un profond dégoût pour la sexualité ou pour les organes génitaux : toute forme de rapport sexuel est alors exclue. D’autres ne ressentent ni excitation ni désir sexuel, mais peuvent avoir des relations sexuelles pour faire plaisir à leur partenaire, pour autant que cela ne devienne ni trop fréquent ni trop intrusif. D’autres encore, tout en étant asexuel·les, peuvent ressentir de l’excitation et du plaisir sexuel, mais de manière strictement physique.
Accueillir le coming out
Pour favoriser l’inclusion des personnes asexuelles, l’attitude des proches joue un rôle essentiel. Face à une révélation, il s’agit d’abord d’être dans l’écoute et dans la réception bienveillante de ce qui est partagé. Valider ce que la personne exprime – par exemple, en reconnaissant simplement son orientation :
« Ah, donc tu es asexuelle », constitue déjà une étape importante.
L’accueil doit se faire sans jugement, sans donner son avis, sans chercher à interpréter. L’essentiel est de se montrer disponible : la personne à‑t‑elle envie de parler ? De quoi ? Comment souhaite‑t‑elle le faire ? Elle peut avoir besoin de simplement déposer ce qu’elle ressent, de réfléchir à sa situation, ou encore d’être accompagnée dans une recherche d’informations. Chaque parcours est singulier ; ce qui compte, c’est de rester présent, respectueux et ouvert à ses besoins. Pour les personnes chez qui l’asexualité est constitutive (l’asexualité étant leur orientation sexuelle), les enjeux sont multiples et souvent invisibles.
L’une des premières questions est : comment trouver sa place dans une société où la sexualité est omniprésente ? Faut-il en parler ou non ?
Le « coming in » (l’acceptation de soi) est souvent plus facile à réaliser que le « coming out » (le fait de se dire aux autres), car l’asexualité n’est pas visible et ne s’affiche pas comme d’autres orientations. Elle demeure une expérience intime, partagée entre soi et son ou ses partenaires, sans nécessité de l’exposer publiquement. Cette invisibilité peut rendre l’acceptation de soi plus difficile, car l’asexualité ne correspond pas aux normes sociales dominantes.
Les personnes concernées peuvent se demander si elles sont légitimes à vivre une relation affective, si elles risquent de décevoir l’autre en ne répondant pas aux attentes, etc. Elles peuvent aussi se sentir exclues de la sphère romantique, craignant d’être perçues comme aromatiques ou « a‑affectives », alors que ce n’est pas avant le cas.
Asexualité et couple
Pour favoriser l’inclusion des personnes asexuelles, l’attitude des proches joue un rôle essentiel. Face à une révélation, il s’agit d’abord d’être dans l’écoute et dans la réception bienveillante de ce qui est partagé.
Valider ce que la personne exprime, par exemple, en reconnaissant simplement son orientation : « Ah, donc tu es asexuelle », constitue déjà une étape importante. L’accueil doit se faire sans jugement, sans donner son avis, sans chercher à interpréter. L’essentiel est de se montrer disponible : la personne à‑t‑elle envie de parler ? De quoi ? Comment souhaite‑t‑elle le faire ?
Elle peut avoir besoin de simplement déposer ce qu’elle ressent, de réfléchir à sa situation, ou encore d’être accompagnée dans une recherche d’informations. Chaque parcours est singulier ; ce qui compte, c’est de rester présent, respectueux et ouvert à ses besoins. Dans une relation de couple, la découverte de l’asexualité peut entraîner de nombreuses interrogations et tensions. Plusieurs questions se posent : comment le ou la partenaire va‑t‑il réagir ? Va‑t‑il rejeter la personne concernée ? Rester engagé dans la relation et la famille ?
Chercher à tromper son partenaire ? Se tourner vers des pratiques libertines ? Envisager une relation polyamoureuse ? Cela soulève des enjeux complexes, qui touchent à la fidélité, à la loyauté, aux besoins de chacun et chacune. Lorsque le couple est établi de longue date, le ou le partenaire de la personne asexuelle peut
également éprouver un sentiment de culpabilité, pensant que son manque de compétences sexuelles est à l’origine de la situation. Même si c’est totalement faux, ce sentiment peut avoir un impact réel sur l’estime de soi.
Si la relation est récente, la personne asexuelle peut choisir d’annoncer d’emblée qu’elle est asexuelle, en posant clairement des limites et un cadre. Cela peut parfois simplifier les choses : l’autre personne sait à quoi s’attendre et peut décider si elle souhaite s’engager dans la relation ou non. Est‑elle elle-même asexuelle ? A‑t‑elle besoin d’aller chercher ailleurs ? Les questions sont multiples et varient selon les individus
En consultation, il est essentiel de réfléchir à la nature du couple : s’agit‑il d’une relation récente ou d’une union de longue durée ? Où en sont les partenaires dans leur évolution commune ? Quelles ressources, quelles forces, quelle intelligence relationnelle possèdent‑ils pour faire face aux défis que posent l’asexualité ? Chaque situation est unique : il n’existe pas de solution universelle.
Tout repose sur la capacité du couple à identifier ses besoins et à communiquer. Aucun terrain d’entente n’est possible, et cela peut parfois mener à une séparation. Mais d’autres fois, un nouvel équilibre peut se construire.
Quelle place dans la société ?
Pour faire bouger les représentations de l’asexualité dans l’inconscient collectif, il est nécessaire de reconnaître qu’elle est une orientation sexuelle comme une autre. Les personnes ne choisissent pas d’être asexuelles : elles le sont. Pour que cette réalité soit reconnue, il faut aussi apprendre à la nommer lorsque l’on parle d’orientation sexuelle. Nommer, c’est déjà commencer à légitimer.
Le seul LGBTQIA+ pose aussi la question de la place accordée à l’asexualité. L’asexualité y est représentée par la lettre A, placée tout à la fin du symbole. Or, cette lettre renvoie à une orientation sexuelle, comme L, G et B. Les lettres T et Q concernent plutôt l’identité de genre, tandis que le je touche au domaine génétique. Pourquoi, dès lors, le A est-il relégué en fin de sigle, et non aux côtés des autres orientations sexuelles ?
Aujourd’hui, la société a tendance encore à percevoir l’asexualité sous deux angles opposés : soit comme une maladie, un problème à soigner ; soit comme un droit, au travers d’une revendication militante. D’un côté, certaines personnes ne comprennent pas de quoi il s’agit et pensent que les personnes asexuelles sont nécessairement en souffrance, qu’elles ont besoin d’aide. De l’autre, se trouvent les militants.
Pour ma part, j’estime que l’asexualité devrait être perçue en cohérence avec la réalité qu’elle recouvre : une orientation sexuelle à part entière, ou un mode de fonctionnement protecteur et transitoire, parfois durable voire définitif.
*Texte : Lidwine Arendt, sexologue clinicienne. Adaptation de deux articles réalisés avec Audrey
Dessy, rédactrice en chef (Couples et Familles asbl), publiés dans l’ouvrage « Lever le voile sur
l’asexualité », Dossier de Couples et Familles n°152, juin 2025, pp. 9-11 et pp. 57-59.
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